Reprise de la Clef Verte pour cette année.

Cette session 2014 marquera une légère reprise des candidatures pour l'éco-label international Clef Verte (Green Key), certification dédiée aux structures hôtelières engagées dans la protection de l'environnement naturel, la préservation des ressources naturelles et surtout la sensibilisation de tout un chacun : hôtes, employés et enfants des écoles voisines. Nous vous parlions déjà de cette certification dans un billet précédent.

Évolution des chiffres au Maroc.

Après une légère chute du nombre de lauréats en 2013, l'année 2014 annonce à nouveau un engouement certain des hébergements touristiques pour ce label. Même si la liste précise des lauréats reste floue (la source officielle marocaine annonce 64 lauréats, nous n'en comptons que 59 ou 61 en fonction des listes officielles publiées), la météo est au beau fixe avec un regain de soleil vert dans les hôtels et maisons d'hôtes marocains.

Saluons les 8 nouveaux lauréats de cette année 2014 : 2 dans la capitale économique, 3 à Marrakech et 3 à Chefchaouen.

Les hôtels sont encore une fois les plus représentés avec 32 lauréats, suivis des maisons d'hôtes (19), des gîtes (5), des fermes d'hôtes (4) et de l'unique pension.

Rappelons que depuis l'arrivée du label au Maroc, en 2008, 112 hébergements touristiques ont déjà été labellisés au moins une fois, dont 9 l'ont été sept années de suite.

Cazeco et le label Clef Verte.

Sur les 21 lauréats que compte Marrakech, nous sommes fiers d'en avoir accompagnés 8 cette année. Parmi les structures que nous suivons depuis quelques années, un clin d’œil particulier au seul lauréat encore Clef Verte à Dakhla, label largement mérité au regard de l'approche écologique cohérente mise en œuvre par le maître des lieux.

Des limites de la Clef Verte au Maroc

Étant donné l'urgence qui pèse sur le Royaume quant à la gestion raisonnée des ressources naturelles, l'eau en triste tête, et la diminution nécessaire des montagnes de déchets qui phagocytent les plages, plaines, forêts et montagnes du Maroc, le tourisme, moteur économique du pays, devrait s'engager de façon plus vigoureuse dans la voie vertueuse de l'écotourisme. L'éco-label Clef Verte étant un des piliers disponibles sur lequel les professionnels peuvent s'appuyer. Évidemment, cette démarche requiert l'engagement et l'implication des propriétaires et gérants des hôtels et maisons d'hôtes, et ne fonctionne que si les employés et les clients jouent le jeu (chacun de nous étant acteur d'une telle dynamique). Mais on oublie souvent un acteur primordial, et ô combien trop timide, sans qui certains engagements Clef Verte restent lettres mortes : le Royaume et ses institutions le représentant. L'exemple le plus parlant est l'inexistence de structures officielles assurant le tri des déchets ménagers (collecte, transport, valorisation...) et ce depuis que la Clef Verte existe au Maroc. Comment alors s'engager honnêtement, en tant que gérant de maison d'hôte, dans un tri interne des déchets quand on sait qu'ils finiront tous dans une même et unique benne à ordure ?!! Agadir a bien connu une solution temporaire grâce au GIE "Progres" dont on n'entend plus parler... Seule Marrakech offre une solution, encore instable mais qui a le mérite d'exister, via la société Pizzorno qui met à disposition à son dépôt de Bab Kechich des bacs pour séparer le verre, le plastique, le papier et les canettes. Mais cette solution n'a rien à voir avec un quelconque engagement de la Ville de Marrakech, elle ne persiste que grâce à la bonne volonté du directeur de Pizzorno, personne engagée quant à la sauvegarde de son pays. Signalons aussi l'existence de la société Mar-Eco, aujourd'hui spécialisée dans la collecte et le recyclage des plastiques (PET, PE-HD et PE-LD) sur Marrakech.

Dans l'attente, même si tous les critères Clef Verte ne sont pas encore réalistes au regard du contexte marocain, chacun peut agir, à son échelle, dans la limite de ses possibilités, certes !, mais AGIR. Que vous soyez acteur du tourisme ou simple citoyen ne perdez pas de vue que la participation de tous est nécessaire afin d'aller de l'avant et redresser la barre de ce navire sans eau fonçant à belle allure sur un iceberg d'immondices pendant que continue de jouer la trompeuse mélodie des violons du développement durable et autres green washing !